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La contamination de la mesure morale par la mesure quantitative
permet à l'homme le plus démesuré qui soit de se présenter
comme mesuré -(Dom Juan, - "Je
crois que 2 et 2 sont 4, et 4 et 4 sont 8" (III,1)
Cette affirmation de Dom Juan vous parait elle être
l'expression d'une mesure ou d'une démesure?).
C'est
la barbarie:
"Cette barbarie mathématicienne qui, à force de mesurer
tout, perd complètement le sens de la mesure." (Dans
Diogène, n°26, page 80, affirmation de G. Gusdorf).
Par
la mesure quantitative, l'homme peut bien se croire mesure de
toute chose, par rapport à des choix arbitraires, parce qu'il est
capable de comparer deux espaces qu'il superpose, il peut croire
que mesurer c'est connaître au moment même où il s'enferme dans
le cercle de l'objectivité, dans la barbarie galiléenne (voir la
conférence
Philagora par Michel Henry lien
ouverture nouvelle fenêtre)
Effectivement c'est bien l'homme qui a choisi arbitrairement
l'étalon et l'étalon peut varier avec chaque société et
pourquoi pas avec chaque individu. Alors tout s'équivaut, tout
est vrai. Mais si tout est vrai, rien n'est vrai et nous perdons
le critère du contradictoire.
Dire
que le transcendant, l'absolu est la mesure de toute chose c'est
au moins dire que sans ouverture à un transcendant il ne peut y
avoir de mesure au sens moral. Agir conformément au devoir ne
suffit pas: en agissant par devoir, l'homme manifeste son
appartenance à un monde intelligible de liberté.
A
utiliser pour le sujet: le fondement de la mesure -(fondement = ce
qui donne à quelque chose sa raison d'être ou son existence). |