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Rubrique prépas: l'échange http://www.philagora.net/ph-prepa/echange/

Philosophie, classes prépas.

L' échange, un processus fou !

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Bien solitaire est la voix du philosophe dont les analyses s'élèvent contre ces sophistes contemporains, ces "double têtes", qui veulent à tout prix exonérer le système économique des cadavres indiscrets encombrant le cours de son processus. A les entendre, à les écouter, à les suivre on finit par croire que la fin de l'échange n'est autre que le moyen de l'échange: l'argent pour qui , après avoir sacrifié le travail vivant de l'homme on sacrifie la planète; pourtant cela revient à tout justifier même l'injustifiable. Justifier les moyens par la fin et la fin par les moyens , au gré de ce qu'on leur demande, de ce qu'on leur paie. Mais c'est accepter, justifier la falsification de l'échange, c'est nous inviter à la barbarie, à confondre une apparence avec la réalité de la vie, le juste avec celui qui écrase le juste, la bête de proie avec le modèle à suivre, la mesure avec tout ce qu'elle mesure. Le sophiste n'affirmait-il pas : la vérité c'est ce que j'ai écrit ?

  "… il importe d'évaluer (1) dans toute son ampleur l'inversion de la relation entre ces deux procès, réel et économique, de la production.
Elle signifie (2) d'abord que, désormais, la pièce (3) est jouée par des doublures. Ce sont les éléments de substitution (4) composant le procès économique qui vont fonctionner dans le procès réel comme ses véritables causes. Situation paradoxale: l'élément réel, le travail vivant, se trouve soumis (5) à son double irréel, à l'entité idéale qui avait pour seule mission d'en permettre la mesure. La valeur (6) qui ne peut et ne doit que signaler après coup l'intervention de la vie, son action à la fois ponctuelle et permanente, en devient l'unique motif. Et que la production et l'accroissement de la valeur ne soient plus souhaitables ou tout simplement qu'ils ne soient plus possibles, c'est la vie alors, le mouvement du désir vers sa satisfaction, qui n'a plus de raison d'être (7)! Cette situation extravagante (8) du procès économique, d'un côté simple reflet (9) représentant le travail réel et, de l'autre, seule cause de sa mise en oeuvre, c'est-à-dire de la possibilité de la vie de continuer à vivre, lui confère dans le principe une sorte de folie. Car la folie (10) est là quand un reflet, une apparence, devient le seul principe de l'action."
Michel Henry, Du communisme au capitalisme, théorie d'une catastrophe, Édition Odile Jacob, page 143.

1 = évaluer = Signifie ici, donner la valeur de l'inversion, porter un jugement fondé sur la réalité de la catastrophe qu'elle inaugure.

2 = signifie = A partir de l'inversion (le moyen devenant une fin), d'une relation entre une réalité, le travail vivant réel et une idéalité irréelle, le principe économique qui devrait simplement assurer les échanges en permettant la mesure. Avant l'inversion le procès économique n'était qu'un simple moyen de l'échange. Désormais, le procès économique déploie une fin: l'argent. (L'argent a pour fin lui même et pour moyen lui-même).

3 = la pièce = Le texte de la vie n'est plus écrit par la vie, par l'effort, le travail vivant, mais joué par des doublures abstraites, la  fausse objectivation du travail par un dispositif instrumental, l'argent comme valeur d'échange sous sa forme pure, doublure universelle et abstraite sans commune mesure avec la vie: la subjectivité de l'action est éliminée. L'acteur, la vie est doublée dans tous les sens du terme, comme si la doublure devenait force d'action. Or une idéalité ne peut agir.

4 = les éléments de substitution = On va les prendre pour des causes productrices alors que aucune abstraction n'a jamais été capable de produire une action réelle. En fait ce qu'on prend pour des causes ce sont de simples motivations (les  capitaux) qui ne sauraient remplacer le travail effectif, vivant, seul producteur de valeur.

5 = soumis = par la technique et les processus économiques.

6 = valeur = C'est le travail vivant qui en produisant produit de la valeur: la mesure ne fait que donner une figure, une représentation abstraite de la valeur. Elle ne donne pas la valeur mais tente de l'exprimer; Plus profondément, la valeur, lorsqu'elle apparaît est le signe de l'intervention de la vie. Une société qui ne voit plus que la valeur de l'argent méprise la vie. Peu lui importe ce qui arrive à la vie.

7 = raison d'être = Aux yeux des échanges ordonnés à la production d'une valeur pour l'augmentation de la quantité d'argent (capitaux).

8 = extravagante = Qui sort des limites du bon sens.

9 = simple reflet = Le simple reflet du processus économique devient la cause, aux yeux de l'opinion, du travail. L'argent prend symboliquement la place du travail et le travailleur devient un simple moyen.

10 = folie = C'est une sorte de hallucination: une apparence, un reflet devient ce qui commande l'action: c'est la dépossession de la vie, source de toute valeur, par une techno-économie d'échange où il ne s'agit plus de valeur d'usage propre à satisfaire les échangistes, mais de produire de l'argent.

L'humanité est malade car l'abstraction a produit un monstre qui grandit au cours des échanges et au nom duquel le sacrifice de l'humanité, et de la planète est accompli, qui plus est avec la bonne conscience. Voici venu le temps des assassins. "La vérité est un cri: c'est le cri de la vie, qui dit qu'elle est la vie et qu'elle veut vivre." (dernière phrase de Du communisme au capitalisme, théorie d'une catastrophe, Édition Odile Jacob, page 143.)
En faisant la théorie d'une catastrophe, Michel Henry a accompli son vœu le plus cher dont il parlait peu avant de nous quitter: faire quelque chose pour l'humanité. Espérons que le cri du philosophe ne sera pas étouffé par les sophistes... pour quelques pièces d'argent.

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