1
= Ne ... que = seulement, rien que cela:
un instrument pour la satisfaction d'un besoin, quelque chose de
simplement utile qui permet d'échanger des valeurs conventionnelles,
(les mots étant comparables à des pièces de monnaies), et
constantes par des mots qui découpent la réalité selon des sens
déterminés et généraux: aveuglement par rapport à la complexité
réelle de ceux qui échangent par des signes.
"A chacun suffirait peut-être, pour échanger la pensée
humaine de prendre ou de mettre dans la main d'autrui en silence, une
pièce de monnaie" Mallarmé, fin de Crise de vers. Le
mot comme la pièce de monnaie étant signe d'échange, de valeur
constante.
2
= Réseau de liens = Ce qui relie, ce qui
permet et constitue un réseau de communication: la conscience permet d'échanger
ce qui sera compris, le simple, l'abstrait, c'est à dire des
égalités, des similitudes. "Liens" suggère aussi à la
fois le troupeau et la dépendance des faibles qui ne peuvent se
conduirent eux-mêmes et dans leur détresse s'associent pour une
entraide et une protection mutuelle.
3
= Développement = Parce que l'homme vit en groupe. Comprendre
que pour l'auteur la conscience ne pouvait que se développer
comme réseau de communication dans la mesure où elle répond au
besoin . Se grouper n'est-il pas déjà un signe de faiblesse?
Une
abstraction ne peut qu'être simplement utile. On distinguera
soigneusement la conscience et la raison.
4
= Sans passer = La bête de proie ne
compte que sur elle, sa capacité à chasser, sa force. Elle se passe
de la conscience et singulièrement de la conscience morale, parce
qu'elle n'en a pas besoin: comptant sur elle, elle n'a rien à
communiquer et se suffit. A vivre isolé....
5
= Règne = La conscience dans tous ses
états est le résultat d'un processus historique, d'une pression
constante d'un besoin. ( Si une invention apparaît brusquement
(le premier qui a enclos un terrain), cette rupture a été préparée
de manière insensible par des causes antécédentes qui agissent sans
relâche, pensait Rousseau)
6
= Tu dois = On peut aussi traduire par
"nécessité". En effet, avant l'apparition de la conscience
morale, il ne peut y avoir d'obligation. Tu dois désigne donc
ici la pression du besoin (la nécessité). Besoin d'aide et
d'échange, d'une protection mutuelle.
7
= Sût = Signifie ici: soit capable de
dire son besoin, de se rendre intelligible. Cette capacité implique
plusieurs prises de conscience, plusieurs "savoirs". Pour
être capable de communiquer, de se rendre intelligible, l'homme a
besoin de la conscience qui lui fera apparaître sa faiblesse: cette
faiblesse se manifeste comme un manque, comme un sentiment, comme une
pensée: pour communiquer cela, il faut d'abord en prendre conscience.
Pour dire ce dont on a besoin, il faut savoir ce dont on a besoin:
être conscient.
8
= Il l'ignore = Bien comprendre que si
l'homme pense et qu'il l'ignore, cela signifie que la plupart du
temps, la pensée ne relève pas de la conscience (Les pensées
viennent quand elles veulent dit Rousseau).
9
= Superficielle = Dès lors la conscience
n'est qu'une partie de tout ce qu'il pense.
10
= Médiocre = En effet, le signe
d'échange nivelle, identifie, pour que tout le troupeau comprenne:
plus c'est simple, moins c'est complexe et différent, plus ce sera
compris et suivi comme un ordre. Nietzsche pense peut-être aux ordres
du maître qui s'adresse à un esclave.
11
= Paroles = Les paroles se contentent
d'émettre des simples signes d'échange, de communication ce qui
révèle l'origine de la conscience: la nécessité de
s'associer en échangeant, en disant ce dont on a besoin.
Pour
dire ce dont il manque, l'homme doit savoir ce dont il a besoin, en
être conscient et le communiquer par des mots. Parce qu'il a pour
origine une faiblesse, un manque, l'échange est intéressé au
simplement utile, un "moyen": pour être intelligible il
faut être plat: au point que la conscience et le dire, pour l'auteur,
excluent ce qui est personnel, unique, individuel, créatif, au profit
d'un monde de signes impersonnels et propres à la foule:
effectivement, très souvent, tout le monde parle des mêmes choses
comme s'il les connaissait grâce aux mots, tout le monde rit en même
temps, s'indigne en cœur selon le tambour des instrument des moyens
de communication. La vie humaine se perd alors dans des échanges où
rien n'est échangé, où ce qui circule n'est que vent, signe
d'appartenance à une pensée unique qui permet à une
hiérarchie de faibles, cramponnée à une morale hypocrite
dont ils profitent, d'écraser les forts, ceux qui se maîtrisent et
qui créent des différences.
C'est
très souvent le cas. Est-ce toujours le cas ? Ne faut-il pas
distinguer être conscient et prendre conscience? Celui qui
prend conscience ne devient-il pas créateur?Et la prise de conscience
ne s'effectue-t-elle pas dans un dialogue? Penser n'est-ce pas
dialoguer?
Joseph
Llapasset - Site Philagora, tous
droits réservés ©
- Retour à
L'ECHANGE page/index
-
Retour
à Philo-prépas -
Page index pour les différents thèmes