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Dé-cisions du Mal : philosopher, psychanalyser…

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Socrate avec Freud : deux grands Témoins de la traversée du Mal?

  • 3. Logiques du pire

-suicides.
"Tout ce qui ne tue pas rend plus fort" Nietzsche.

La mort comme désir, la destruction du vivant, de l'être, ici et là, la liquidation de la " présence " de soi, de l'autre enveloppe le Mal comme question et problème. Le suicide -individuel ou collectif- même volontaire s'effectue toujours au nom de la vie, mais sa dimension d'acte, même volontaire, ne fait qu'annuler l'image narcissique de soi, dès lors que tombent les semblants du sujet réduit aux masques de l'ego, du moi. Le suicide des humains est le lieu habituel d'un interdit mais non d'un impossible. Il est le drame de la confusion de l'identité et de l'appartenance imaginaire du sujet à soi. Le sujet est divisé par l'Autre, lieu du code de l'inconscient : avant d'être parlant, le sujet est parlé. Dans la psychose, il faut tout l'appui de la lettre, le secours de l'écriture, des formes de l'Autre pour que le sujet espérer se construire comme tel, et se découvrir comme " parlant " à d' autres que lui. Au-delà du principe d'identité, le sujet est inexorablement " immigré de la subjectivité " selon la juste formule de Pierre Lévy. Paradoxe clinique ? Le sujet ne peut rejoindre sans mourir le principe de son identification s'il ne se détache pas de l'Autre dont il provient et ne rattache pas au collectif et à l'institutionnel par quoi il trouve ses identifications. Autre qui, dans le fond, témoigne de son inexistence précisément par la souffrance ou la joie infinie dont est capable l'animal humain mortel. N'oublions pas que pour Marcel Conche, l'une des preuves de l'inexistence de Dieu, et du Mal absolu est la souffrance des enfants. L'immensité du tragique, et sans doute la redoutable question posée par Nietzsche, son irréductibilité, ne peut faire oublier la rareté bien réelle du Bien sous la forme de la joie vécue, de la joie partagée. La tristesse est le signe le plus manifeste de ce qui est mauvais et même du péché selon Kierkegaard. Le Mal n'est que la marque de l'impuissance de l'être à persévérer en soi, il est ratage non de l'impossible mais de l'impossible comme condition du possible, du virtuel comme invention de l'humain. Cependant paradoxe suprême qui donne raison à St Augustin, le Mal s'il pouvait s'identifier comme substance n'existerait pas. Celui qui se suicide -même les enfants, candidats à la mort, de plus en plus nombreux et, de plus en plus jeunes- se donne la mort au nom de la vie; de l'Autre vital.

- Crimes.

L'une des priorités éthiques absolue du XXIè siècle consiste à dépasser le ressentiment mais il reste impossible de pratiquer la grande approbation nietzschéenne de la volonté de l'Eternel retour comme Même. Impossible de vouloir que Auschwitz puisse se répéter…, impossible de désirer le Retour du Même mais plutôt désir d'avènement du Différent. Le Réel n'est pas à sauver, il reste plutôt une invention toujours déjà à venir pour chacun, pour tous. L'une des singularités catastrophiques de la politique est la participation active d'un Etat à la légalisation du meurtre. L'argument anthropologique de Pierre Legendre pose la question du statut du sacrifice dans les sociétés ultramodernes et permissives ; Michel Foucault évoquait pour le XXè les sociétés de contrôle de la déviance opposées aux sociétés du XIXè dites de discipline. La Shoah -terme qui en hébreux signifie " insensé ", "catastrophe"- est un cas, hors de toute raison, de sacrifice absurde, de faute impardonnable et donc inoubliable parce que injustifiable. Le Mal n'est pas seulement la douleur du corps, la souffrance de l'âme, Epicure dans sa quête du bonheur n'a pas remarqué la tragédie de l'injustifiable qui engage un point aveugle fondamental de la philosophie jusqu'à Freud ; la question de l'Autre, du désir de l'Autre, au double sens, génitif objectif, génitif subjectif. Le crime parfait, le crime absolu est toujours crime qui vise l'essence de l'humain, son "être", son "parlêtre". Cet événement est-il une des conséquences du déclin de la fonction paternelle en Occident? Symptomatiquement, c'est le premier peuple de la Loi, de la trace, du Livre qui a été au centre d'un tel fond innommable du déchaînement du signifiant dans le Réel. Auschwitz est un cas limite du forçage du nom lié à une forclusion quasi industrielle mais surtout étatique du Nom du Père.

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Notes:
Legendre, Pierre, Filiations, Fayard, 1989. Voir ma publication sur www.linkline.be/lacan/poubellications. 

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