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II.
Le parcours: question préalable, effort de définition.
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La tentation est
grande de suivre le chemin de la question préalable, de poser la
définition de la matière, puis celle de l'esprit pour en déduire
leur ressemblance, leur différence et leur relation, au risque de
nous embarquer dans un processus de théorie et d'expérimentation à
l'infini ou pire de nous noyer dans le ciel de la métaphysique. |
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La matière La
matière peut se déterminer comme un composé de molécules: les molécules
sont composées d'atomes: les atomes sont des systèmes d'électrons en
mouvement autour d'un noyau formé de neutrons et de protons. La matière
serait donc de l'énergie condensée dans le noyau atomique. Matière et
lumière relèveraient d'une entité à deux faces, ondulatoire et
corpusculaire. C'est dire que la mécanique ondulatoire prescrit la
probabilité là où, au XIX è siècle,semblait triompher le déterminisme.
Reste que comme composé et comme ensemble de mouvement, la matière se
prête à l'analyse comme à la détermination approximative de paramètres
(mesures) qui permettent l'explication, la mise en évidence d'un processus
causal antécédent et la prévision. Dès lors dans ce fonctionnement
mécanique, la liberté n'a pas sa place: c'est le royaume du hasard et de
la nécessité. =
L'esprit A
l'opposé, semble-t-il, l'esprit se pense comme principe ou élément
constitutif de la pensée et de l'activité réfléchie. c'est dire du même
coup que l'essence de l'esprit comme de la pensée c'est la liberté,
l'imprévisibilité: l'esprit est puissance de création comme mouvement qui
ne fabrique pas en répétant, mais qui pousse en avant, qui agit. A vrai
dire, l'esprit n'est point car il est toujours plus que ce qu'il est.
N'étant pas déterminé par ce qui le précède, il ne relève pas d'un
processus causal antécédent et ne saurait donc être expliqué. C'est
un acte qui s'accomplit et qu'il est impossible de définir: parce qu'il est
création, il désespère toute prévision, il souffle où il veut puisqu'il
peut toujours tirer de lui même plus qu'il ne contient.
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Notre
tentative de définition nous laisse dans l'embarras devant un
dualisme radical de ce qui semble ne devoir, idéalement, ne jamais
se rencontrer et qui pourtant se rencontre quotidiennement dans
l'obscurité d'un mystère, le mystère de l'incarnation de l'âme
dans un corps: pour nous tout esprit est incarné. |
Et
l'expérience vécue ne nous donne jamais qu'un esprit incarné une
âme et un corps tellement unis que le sort de l'un semble bien accompagner
le sort de l'autre au point que l'enjeu de toute réflexion sur la matière
et l'esprit semble être, à la fin du compte l'immortalité de l'âme ... des plus
problématique. Des
deux définitions opposées nous ne pouvons déduire que des différences:
une sorte de monstruosité: comment ce qui semble se fuir comme l'eau et le
feu peut-il non seulement coexister mais encore avoir un lien de causalité:
comment réduire le supérieur à l'inférieur sans avoir glissé subrepticement
le supérieur dans l'inférieur? Dire que l'esprit est le produit de la
matière n'est-ce pas encore plus fou que de dire que la matière est
produite par l'esprit, que c'est de l'esprit détendu? L'intelligence
qui affectionne les découpages et les enchaînements semble exiger que nous
passions du dualisme à un monisme qui expliquerait la matière et l'esprit
dans un même mouvement. Alors, évidemment, on obtiendrait le repos de
l'esprit mais à quel prix? On a souvent fait remarquer que sans l'esprit le
matérialisme lui même n'existerait pas. =
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matérialisme ©
Joseph Llapasset |
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