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La connaissance incarnée par Magali Uhl 

Page 1: Présentation
Page 2: Position du problème
Page 3: Sens vécu et sujet réflexif
Page 4: Causalité et structure
Page 5: Récapitulation et conclusion
Page 6: - Notes -

Récapitulation et conclusion

 On retrouve dans les deux "traditions" de pensée exposées ci-dessus un antagonisme fondamental dans la compréhension du sujet de recherche (le chercheur) et de "l’objet" de recherche qui est, lui aussi, un sujet. Dans le second paradigme, le sujet de recherche dispose d’une panoplie complète d’instruments qui lui permettent une objectivité totale à l’égard du sujet étudié, lequel est objectivé puisqu’il est censé répondre de son comportement par sa faculté de raisonnement. C’est donc une relation de chercheur objectif à sujet objectivé (ou chercheur raisonnant à objet raisonnant ? lequel est le mieux?). Dans le premier paradigme, au contraire, la relation entre le chercheur et le sujet étudié repose sur la prééminence du vécu du sujet. Elle intègre par conséquent l’intersubjectivité constitutive de la recherche. On peut donc parler d’une relation entre chercheur incarné et sujet vivant. Le paradigme explicatif, tel qu’il a été défini par les psychologues, trouve son corrélat dans une certaine tradition sociologique qui accorde la primauté au fait social sur le sujet individuel, à la conscience collective sur la conscience individuelle, à l’utilisation de la formalisation mathématique par l’introduction de l’outil statistique sur l’interprétation du sens vécu, etc., bref, qui privilégie l’apport des méthodes des sciences dures sur la "méthode philosophique" (36). La sociologie comme la psychologie cherchent en effet leur légitimité ailleurs, car ni l’une ni l’autre "n’ont de fondement qui leur soit propre. Celui qui se livre à des recherches dans ces domaines doit, dans chaque cas, posséder une préparation spécifique, que ce soit celle du philologue, de l’historien, du juriste, du physiologue, du médecin, du théologien, etc. Sans de telles bases, on se perd dans un bavardage sur des généralités" (37).

 D’un point de vue épistémologique on peut distinguer ici un double rapport: d’une part le rapport sociologie/psychologie selon la prévalence du socius sur la psyché ou de la psyché sur le socius, et d’autre part, le rapport entre les paradigmes (sans distinctions de disciplines), qui sont tantôt d’inspiration "philosophique", tantôt d’inspiration "scientifique" au sens large. Ce double niveau de complexité permet de comprendre les tentatives de dépassement de ces "faux problèmes", pour reprendre l’expression de Gurvitch (38), selon que ces tentatives de conciliation se situent dans le premier niveau de complexité ou dans le second.

Il faut d’abord souligner l’effort de certains disciples de Freud qui, prolongeant ses écrits sur la société (39), tentèrent de combiner les idées de la psychanalyse avec celles de l’anthropologie. C’est le cas par exemple de Erich Fromm, Géza Róheim, Otto Rank et Hans Sachs (40). Ces auteurs se proposent d’appliquer la psychanalyse aux sciences humaines, en particulier de montrer l’apport de certains concepts freudiens – pour Rank et Sachs, l’inconscient ; pour Róheim, l’universalité du complexe d’Œdipe ; pour Fromm, le rapport entre les structures caractérielles et les structures sociales – aux "productions spirituelles de l’humanité" (41). Pour d’autres auteurs, qui acceptent également le cadre théorique de la psychanalyse, il sera davantage question d’un rapport de complémentarité que d’une subordination d’une discipline à une autre. C’est ce dont témoignent les écrits de Georges Devereux et de ses successeurs (42). Enfin il faut souligner l’approche de Roger Bastide qui tente de définir une "psychiatrie sociale" en utilisant les apports de la sociologie afin de constituer une "sociogenèse des psychoses" (43).

Parallèlement se développe ce qu’on pourrait nommer de façon générique une "psychologie sociale" dont l’objet est également de dépasser le faux débat en question. Cette psychologie sociale établit des ponts entre la personne humaine et la réalité sociale, entre la mentalité individuelle et la mentalité collective afin de rendre caduque l’opposition socius/ psyché. On dispose donc de diverses notions comme la "théorie des rôles sociaux" de Mead, "la personnalité de base" de Kardiner, "le fondement culturel de la personnalité" de Linton (44), qui témoignent de l’influence des représentations collectives, de la mémoire collective, des institutions sociales, des catégories et classifications logiques sur l’individu. La personne, avant d’être un sujet singulier, est socialement déterminée par les contraintes qu’elle subit et les rôles, statuts, fonctions qu’elle assume dans sa société.

 On voit bien, à travers ce qu’on pourrait nommer (peut-être abusivement) deux écoles – l’une davantage psychanalytique et herméneutique, l’autre davantage psychologique et explicative – se dessiner les mêmes contours que dans les deux traditions dont il a été jusqu’à présent question. En effet, même dans la tentative de résolution du clivage sociologie/ psychologie, apparaissent des formes similaires d’appréhension du chercheur et surtout du sujet étudié selon "le type de rationalité auquel elles se réfèrent et par lequel elles cherchent à se constituer comme savoir" (45). Ce qui permet de souligner le caractère totalement obsolète de ce faux débat, car les vrais conflits ne se situent pas sur le terrain incertain des disciplines mais sur la manière de concevoir la connaissance scientifique et, plus particulièrement en sciences humaines, sur les sujets de cette connaissance. Il va sans dire, même d’un strict point de vue empirique, que le sujet humain ne vit pas parmi et avec des lois logiques mais parmi et avec des êtres vivants. "La vie n’est donc pas pour le vivant une déduction monotone, un mouvement rectiligne, elle ignore la rigidité géométrique […]. Nous soutenons que la vie d’un vivant, fût-ce d’une amibe, ne reconnaît les catégories de santé et de maladie que sur le plan de l’expérience, qui est d’abord épreuve au sens affectif du terme, et non sur le plan de la science" (46). C’est donc dans l’épreuve affective de la vie (47) que l’on peut entrevoir la possibilité de connaître le sujet dans sa réalité même: un être vivant, un sujet incarné, et non une fiction de paramètres psychologiques abstraits ou de catégories sociales chosifiées.

Magali UHL - Doctorante en Sociologie -Université Paris I Panthéon-Sorbonne, avec l'autorisation de la revue "Prétentaine" .

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