| L'oncle
Roumégou
-Un conte pour enfants.
Roumégou serait
parfaitement heureux si, autour de lui, on ne faisait pas tout de travers, et il rêve de
supprimer de la terre ce qui, à son avis l'empêche de tourner en rond.

Voir quelqu'un
griller un feu rouge, jeter un papier par terre, circuler à vélo sur un
trottoir ça le met hors de lui et quand il marche
dans la rue, il marmonne tout le temps dans sa grosse moustache noire "Ah! celui-là". Naturellement, il ne s'est pas marié
parce que sa femme aurait sûrement voulu des enfants, et lui, tu penses bien qu'il n'a
pas envie d'en avoir! Ils feraient du bruit, saliraient tout, casseraient ses
affaires... Aussi lui est-il arrivé une drôle d'histoire...
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Un homme qui
l'écoutait grogner depuis un moment s'est approché et lui dit: "Ah monsieur, comme
ça irait mieux si on supprimait tous ces imbéciles, ces malpropres, ces sans-gêne qui
nous gâchent la vie!...Tenez, vous m'êtes sympathique et chaque fois que vous
direz:<Ah, celui-là>, vous serez débarrassé de lui" Aussitôt qu'il dit
cela, "pfitt", l'homme disparaît.
Quelques instants plus tard , Roumégou découvre six magnifiques dessins sur son mur:
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un rouge, deux
bleus, deux noirs et un grand soleil doré Qui a osé faire ça! Il
est indigné, il crie:" Ah, celui-là! si je le tenais!" Aussitôt
"pfitt", dans son dos six écoliers qui revenaient de classe avec leurs feutres
dans la poche, le rouge, les bleus, les
noirs, les dorés, s'évaporent dans les airs.
Il rentre chez lui, trie son courrier,
passe un coup d'aspirateur, "vroum, vroum", prépare son dîner, met son disque
préféré, se verse un verre de whisky .Il allait s'asseoir dans un bon fauteuil quand un
tintamare éclate au-dessus de sa tête: "crou,crou,crou -breks, breks-
cra,cra,cra- tî,tî,tî- crou,brek,cra,tî...",tous les oiseaux de la ville se sont rassemblés
sur le toit de sa maison pour faire la fête, c'est assourdissant. "Ah, ceux-là, si
je...', commence-t-il, furieux d'être dérangé. Il n'a pas fini sa phrase que le silence
se fait, on entendrait voler une mouche, et il peut écouter tranquillement sa musique.
Le lendemain matin, en passant sur la Place
aux Fleurs, il aperçoit son vieil ami, monsieur Ferdinand qui promène son chien.
"Tiens, il s'arrête?...
Ah, je comprends! Il attend tout simplement que Médor
ait fini ses besoins! Ah, ces chiens...". Il n'a pas fini, que "pfitt",
monsieur Ferdinand et son chien Médor ont disparu. Disparus avec eux les braves toutous
qui en faisaient autant dans les différents coins de la ville, et leurs maîtres aussi,
bien entendu.
Roumégou continue son chemin, quand une planche à roulettes lui passe sur le bout des
pieds, il ouvre la bouche: "Ah ce..." Déjà, le garçon se soulève, il amorce
le saut le plus fantastique de sa carrière, et s'évanouit dans les nuages.
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Quand Roumégou sort
de la boulangerie où il achète son croissant de 10 heures trois jolies petites filles
laissent tomber devant lui les papiers de leurs goûters, Quelles mal élevées! "Ah,
celles-là!" Hop! les trois petites filles commencent à monter comme trois cerfs
volants, on voit un instant leurs trois jolies robes flotter dans le ciel, et puis, plus
rien.
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Au moment où il va se coucher, voilà
qu'en dessous: BOUM BOUM Tili Tût pouac tong...", un groupe d'étudiants commencent
un concert. Il saute sur ses pieds rouge de colère: "Ah, ceux-là! Quels
énergumènes!" Un silence de mort s'abat sur le quartier. Ce soir, on pourra
s'endormir sans boules Quiès;
Le lendemain matin, ni le pépiement des oiseaux, ni
le ronflement de la machine qui nettoie la rue (à quoi bon nettoyer, puisqu'il n'y a plus
ni saletés, ni papiers?) ni les aboiements du chien de son voisin, ni le martèlement
de
la musique techno, ni les cris des petites filles, ni les rires des enfants qui vont à
l'école ne sont là pour l'éveiller; Roumégou devrait être content, pourtant, il se
sent mal à l'aise, un peu comme s'il avait mangé trop de chocolat, et il manque vraiment
d'entrain pour aller travailler. Il se dépêche, pourtant, parce qu'il n'est pas en
avance, et il se cogne contre une voiture mal garée: "Ouille! mon genou! Ah
ce..." Horreur!!! Il aperçoit, sortant d'une fenêtre, deux bras qui commencent à
s'agiter comme des ailes!. Vite, il se mord la langue et la dame rentre chez elle.
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"Tching,
tching, tching", c'est la guitare de Marius, qui essaie de gagner quelques sous pour
s'offrir un petit verre, il en a tellement bu dans sa vie, sans doute, le pauvre pour
noyer de grands chagrins que son nez ressemble à une énorme fraise qui serait restée
très très longtemps dans le jardin. Notre ami qui ne l'estime pas beaucoup, fait une
grimace "Ah ce..." déjà Marius a un pied en l'air, il va décoller... mais
juste à temps Roumégou se pince les lèvres et, au lieu de passer raide comme une balle,
s'arrête avec un bon sourire, pour jeter une pièce dans la casquette du brave homme.
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Tout ça, c'est bien gentil, mais faire
attention sans arrêt ce n'est pas une vie! Ce soir, Roumégou est découragé, il a
presque envie de pleurer. Il crie de toutes forces "Un monde qui tourne rond, non,
merci, je n'en veux plus." Aussitôt les oiseaux reviennent à tire d'ailes chanter
sur le toit de sa maison, monsieur Ferdinand sort de chez lui en sifflotant pour emmener
Médor sur la Place, les étudiants mettent leur disque le plus entrainant, les trois
jolies petites filles atterrissent doucement sur sa fenêtre, le garçon passe à toute
vitesse à côté d'elles sur sa planche à roulettes. Et les six écoliers tirent des
feutres de leur poche, le rouge les
bleus, les noirs, le doré,pour dessiner sur son grand mur l'image du bonheur!!!
| Alors, Roumégou, tout joyeux, se met à danser! |
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