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   La gascogne:  Lou peysan de Gascougne - Page 1 - Présentation -   

Le paysan  de Gascogne dans la poésie de Césaire Daugé 

"L’originalité linguistique du gascon a été perçue dès le Moyen Age" écrit Pierre Bec dans "Le Siècle d’or de la poésie gasconne 1550-1650".

Guilhem Molinier, dans les Leys d’Amor (1356) le qualifie de lengatge estranh. C’est "d’une langue solidement codifiée et particulièrement stable au cours du temps " que témoignent, selon Pierre Bec, les écrits administratifs du Béarn, des Fors d’Oloron (1080) jusqu’aux Fors et coustumas de Béarn, imprimé à Pau en 1564. Sur le plan littéraire, cette originalité apparaît dans la cobla gasconne du descort plurilingue de Raimbaut de Vaqueiras à la fin du 12ème siècle.

L’existence d’une langue d’Oc commune, ou koiné, limite cette expérience. Mais, lors de la renaissance des lettres d’Oc du 16ème siècle, le gascon trouve une place centrale. Depuis lors, il ne cessera d’être cultivé littérairement. La renaissance félibréenne, initiée par Frédéric Mistral, dans la deuxième moitié du 19ème siècle, s’exprimera en gascon dans les œuvres de l’abbé Pédegert et d’Isidore Salles d’abord, puis d’une pléiade d’écrivains, Michel Camelat, Adrien Planté, Simin Palay, Césaire Daugé et d’autres.

 Ces écrivains vont fonder en 1896 l’Escole Gastou Fébus, expression du Félibrige en Gascogne.
Cesaire Daugé dédie à Frédéric Mistral son premier recueil d’envergure, Flous de Lane, en 1901.-

C’est dire que Daugé s’inscrit dans une tradition linguistique et littéraire bien établie. Son œuvre en gascon se déploie dans les domaines de la prose narrative (Ue camade en Italie), du théâtre et de la poésie, qui nous intéresse ici.

Césaire Daugé (Cesari Daugé) a vécu à cheval sur deux siècles: 1858-1945.

Il connut donc le 19ème siècle où continuait un mode de vie paysanne hérité des siècles précédents. Il reçut une éducation où la culture gasconne, et d’abord la langue gasconne, côtoyait sans être gênée par elle la culture et la langue françaises. Sa formation dans les humanités au Séminaire d’Aire a achevé de lui donner une culture classique propre à conférer à son esprit la sensibilité et la finesse critique qui lui ont permis de porter sur son temps un jugement d’une subtilité et d’une envergure remarquables. Il a connu les grandes catastrophes de la première moitié du 20ème siècle: les deux guerres mondiales. Si sa poésie ne porte pas témoignage de la deuxième, son dernier recueil, Soucouc, ayant été publié en 1939, en revanche il s’est fait l’écho passionné de la première dans des poèmes où il a laissé éclater son patriotisme* (voir note plus bas). Mais le plus intéressant est que, dès l’époque de la Grande Guerre il laisse paraître dans certains poèmes son inquiétude de craquements intérieurs à la société plus discrets que les fracas de la bataille : il perçoit déjà un bouleversement complet de la civilisation qu’il a connue et qu’il aimait, cette vieille civilisation paysanne de Gascogne, à la fois équilibrée, sage et confiante en elle-même. Il voit autour de lui l’arrivée de techniques nouvelles, il perçoit une révolution de l’information qui fait qu’enténen a Dax so qui-s dit a Paris ("A Isidore Salles" H. e F., p. 147) et qui va provoquer l’abandon progressif par les gens de Gascogne de ce qui faisait leur personnalité et selon Daugé leur grandeur, au profit de modes venues de Paris.

*Note: On peut lire dans Hoelhes e Flous des poèmes vibrant d’amour de la Patrie: Cantam Nadau ou Nadau de Craonne, Lou Nadau de Guerre, Lou Présounè, etc. ...

Il voit se produire partout un changement d’état d’esprit, de mentalité qui trouble profondément les comportements et entraîne une modification des modes de vie, de pensée et va jusqu’à mettre en question la vision chrétienne du monde. La production poétique de Daugé va se ressentir de ce changement de bases du monde. Jusque là il avait fait l’éloge de cette civilisation paysanne qui paraissait intemporelle. Désormais, s’exprime sous sa plume une veine critique et même satirique qui se montre en particulier dans la forme de la fable et qui lui vaudra d’être appelé l’Horace de la Gascogne par l’abbé Sarran.

Un personnage emblématique domine la poésie de Césaire Daugé, celle du paysan de Gascogne, lou peysan de Gascougne (" Peysan " H. e. F. p. 51). Le paysan de Gascogne est une figure exemplaire, un type d’humanité qui associe à une réalité historique une expérience humaine qui se déploie dans un pays: la Gascogne. Cette figure prend pour Daugé valeur de modèle pour tous les hommes qui vivent dans ce pays. Le paysan de Gascogne incarne aussi une conception métaphysique de la destinée humaine parce qu’il se présente comme un élu de Dieu: en effet, il accomplit en quelque sorte un projet divin concernant l’humanité créée à qui est confiée la nature qu’il met en valeur et dont il tire subsistance tout en la respectant et en s’accordant à ses exigences. Le paysan gascon inscrit son travail dans un ensemble de relations familiales et sociales et son comportement respecte une morale en conformité avec son amour de Dieu et de la Création: c’est un être sincèrement religieux.

"Rey dou cam e dou prat, que-n ba dab l’agulhade " ("Peysan").
Figure royale, incarnant une permanence qui s’exprime avec fierté et autorité, le paysan est le centre d’une civilisation fondée sur le travail de la terre. Il réunit en lui des qualités physiques et morales grâce auxquelles il accomplit son travail et joue au sein de la société un rôle qui est comme une mission. En effet, son activité est primordiale car il est comme le père nourricier de tous. Cette activité s’exerce avec intelligence car elle réclame une connaissance précise de la nature, connaissance intime fondée sur l’empathie.

Le but de son travail est de faire vivre sa famille. Celle-ci a une riche signification humaine: elle constitue une petite société car elle fait se rencontrer en son sein plusieurs générations qu’unit un lien d’amitié.

Au delà, les relations sociales qu’entraîne le travail de la terre sont sous-tendues par une exigence de vérité dans les paroles et les transactions. Cette honnêteté foncière va de pair avec une foi fervente en un Dieu bon et juste qui a créé le monde à la mesure de l’homme. La permanence des traditions reflète l’authenticité des rapports humains vécus par le paysan.

Tous ces différents caractères humains constituent un pays, la Gascogne, dont les aspects naturels ont par ailleurs favorisé l’épanouissement de cette civilisation de la terre. Ce goût de la vérité, cette sincérité des sentiments se traduisent dans une langue gasconne riche, souple, savoureuse, expressive, qui reflète l’expérience vécue du paysan. Nourrie d’images empruntées à l’activité du paysan, cette langue a permis à la poésie de Césaire Daugé de prendre toute sa dimension humaine, philosophique et critique.

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