PHILAGORA

¤ Recevoir les nouveautés!

¤ RECHERCHER

¤ CHAT  

--

Ressources culturelles http://philagora.fr
_____________________________________

¤ Philagora.net

¤ Nouveautés

¤ FORUMS 
- Aides aux dissert.
-
Prépas
- Vos annonces

¤ PHILOSOPHIE 
-
Philo-Bac
-
Cours  
- philo-express  
- Citations
- Philo-
Prépas 
- Philo-
Fac  
-
Prepagreg  
Le grenier
- Aide aux dissertations
- Methodo 
- Psychanalyse
- Médecine

¤ EPISTEMOLOGIE 

¤ ART

¤ FRANCAIS poésie, théâtre, prose
Bac français, parcours initiatiques

¤ MARE NOSTRUM

¤ LIVRES des aperçus

¤ Travaux Personnels Encadrés Forum TPE

¤ Contes pour enfants en musique!

¤ Occitan-Catalan

¤ Revue Pôle- international

¤ Francophonie

¤ L'Association philagora
Pourquoi ce site?

¤ Philagora tous droits réservés. ©
-CNIL n°713062-
philagora@philagora.net


¤ INFO-PUB-
-

 

Rubrique de Philagora http://www.philagora.net/frindex.htm

LE CID  de Corneille   (p.3)

- La plus difficile victoire.

 

_________________________________

p.1- Beau comme Le Cid
p.2- Pour Rodrigue tout bascule
p.3- La plus difficile victoire
p.4- Vers une décision
p.5- Une difficile rencontre
p.6- Grand affolement!
p.7- L'amour aimé d'honneur
p.8- Le mouvement en général
p.9- Coup d'essai, coup de maître
p.10- Un style ---
p.11- Vers la victoire finale.
p.12- Le dialogue final

Rodrigue reste seul. Il tient entre ses mains l'épée que le vieux Don Diègue avait instinctivement tirée pour punir l'insulteur, et que le comte, après l'avoir fait choir, a dédaigneusement abandonnée à son propriétaire. 

Elle lui brûle les doigts, mais comment faire pour la lâcher, maintenant que son père la lui a transmise? 

Elle lui montre clairement qu'il est devenu le responsable de l'honneur familial, et ce qu'il doit faire: "Meurs ou tue!"

Dans une pièce qu'on dit classique, c'est à dire intériorisée et dépouillée de toute violence physique, la brutalité de cette arme a quelque chose d'incongru, et certains des critiques choisis par Richelieu pour juger Le Cid ont froncé les sourcils: nous sommes encore dans l'âge baroque, libre et inventif, la tragédie, jeune débutante, commence seulement à mettre en oeuvre les règles qui vont l'épurer, et Corneille, qui a trente-six ans, se plaît dans les créations foisonnantes et un peu folles de son temps. Plus tard, il aura, d'ailleurs, du mal à se plier à une dramaturgie plus abstraite et plus codifiée.
Ici, il a décidé de nous montrer une épée, il a eu raison. Ne la perdons pas de vue, elle donne une réalité terrible à l'action. Par elle, nous comprenons que les deux intraitables pères vont poursuivre ici leur duel dans le coeur de Rodrigue, car:

"En cet affront, mon père est l'offensé,
Et l'offenseur, le père de Chimène!"

Le long déroulement balancé des alexandrins en rimes plates alternativement masculines et féminines a brusquement cessé, pour faire place à une suite de vers aux cadences changeantes, ce sont les fameuses stances.

Il y aura six strophes, de dix vers chacune, dont la longueur varie en:
8 pieds, 4 fois 12 pieds, 6 pieds, 8 pieds, 6 pieds, 2 fois 8 pieds, 6 pieds, avec rimes embrassées, puis plates et enfin croisées. Pour qui l'écoute, quel trouble se traduit ici, physiquement!
Les reprises de mots ou d'idées tournent en tous sens, d'une façon presque obsessionnelle les données de ce problème apparemment insoluble.
Rodrigue, au début de son monologue (strophe 1, v. 291-301), est en plein désarroi.

L'enfant à qui tout souriait ("si près de voir mon feu récompensé") se trouve brusquement jeté dans le monde cruel des adultes ("injuste rigueur"),

La stupeur: "atteinte imprévue... je demeure immobile... ô Dieu, l'étrange peine",

et le chagrin: "misérable... malheureux ... rigueur... coup... peine",

en font une victime passive: "percé... objet ... immobile... âme abattue... cède..."

submergée par le désespoir: "jusques au fond du coeur ... atteinte mortelle ... me tue".

Au fond de lui, il sent qu'il va perdre Chimène et il est bien près de se laisser aller. Mais ce n'est pas un mou, très vite, il réagit. Au lieu de s'abandonner à sa douleur, il se met à réfléchir et il envisage les données du problème.
Autour de Chimène vont graviter les notions affectives:
"amour, feu, flamme, aimable tyrannie, bonheur, espoirs, plaisirs..."
Autour de Don Diègue, celles du devoir et de l'honneur:
"il faut, je dois, noble et dure contrainte, digne, indigne, infâme, affront, offense, punir, venger, âme généreuse, sang pur, gloire..."

Dans l'ensemble du texte où domine le chagrin: "percé... coeur ...misérable... malheureux... âme abattue... peine... rudes... triste... mal... plaisirs morts... cruel... ",
apparaît très vite l'hésitation, qui conduit à la délibération:

=par de nombreuses questions,
=par le vocabulaire (le champ lexical, si nous voulons faire plus pro): "combats... choix... il vaut mieux... penser suborneur... après tout... esprit déçu (trompé)... honteux... balancé...",
par des alternatives: "ou, ou... des deux côtés...",
par des oppositions: "juste/injuste... l'un m'anime/l'autre retient... impuni/punir... cher et cruel... ",
=par des répétitions: "faut-il... m'es-tu donné... j'attire..."

Après le désarroi que nous observions dans la strophe 1, Rodrigue s'achemine donc vers une décision.

Aller à la page suivante: Vers une décision.

Aller à J'aime le français

Retour à la page d'accueil de philagora

¤ Philagora.net, Espace Culture Enseignement  http://www.philagora.net/ -Tous droits réservés. ©
¤
Aller vers Philagora.org, Espace Découverte http://www.philagora.org/